Sûreté

Politique de sûreté nucléaire du groupe EDF

La radioprotection

La politique de radioprotection

Le groupe EDF inscrit la radioprotection (mesures pour protéger les travailleurs des rayonnements) dans ses priorités de management. En France, EDF est placé sous le contrôle de l’IRSN, qui agit pour le compte de l’ASN.

Sa politique vise à réduire les doses reçues à un niveau aussi faible que raisonnablement possible (ALARA, As Low As Reasonably Achievable) et à protéger tous les travailleurs, salariés du Groupe et prestataires extérieurs, de toute exposition excessive.

  1. Tous les sites français ont réalisé en 2011 une auto-évaluation de leur démarche ALARA et, en janvier 2012, le Comité prévention des risques de la Division production nucléaire a mené une revue ALARA et évalué le potentiel des actions d’optimisation engagées (ou à engager) dans la perspective de l’augmentation des travaux de maintenance liée au programme Grand Carénage et de ses conséquences sur l'exposition des intervenants.

La mise en œuvre de la démarche ALARA est une priorité et s’appuie sur :

  1. des actions managériales et d’animation pour mobiliser les sites sur l'optimisation de la dose, favoriser l’échange de bonnes pratiques entre sites, former les intervenants, notamment sur simulateurs, s'assurer de la priorité accordée par le management et les équipes à la démarche
  2. des actions techniques d’optimisation de la radioprotection, par exemple en France en 2012 :
    1. baisse de 16 à 14 mSv/ du seuil de pré-alerte d'exposition individuelle sur 12 mois glissants
    2. test à la centrale de Blayais d'un outil pour optimiser la pose des protections biologiques
    3. utilisation à Chooz, Gravelines et Tricastin de Postes de supervision prévention des risques associant l'équipe de pilotage des arrêts de tranche, les intervenants et les techniciens de radioprotection
    4. assainissement des circuits à Bugey et Cruas
    5. identification d'actions pour réduire l'exposition des personnes intervenant autour de la cuve du réacteur et des générateurs de vapeur.
La radioprotection des salariés des entreprises prestataires

En France, la Charte de progrès conclue avec les entreprises prestataires en 2004 et l’Accord de sous-traitance responsable de 2006 garantissent aux salariés des prestataires le même suivi médical et les mêmes dispositifs de protection qu'aux agents EDF. L'application de ce principe est suivie par le Comité d’éthique du Conseil d’administration.

  1. Des dispositions identiques (prévention, préparation, contrôle des interventions) de protection contre les rayonnements ionisants pour les 23 000 salariés d’EDF et les 20 000 salariés d’entreprises prestataires travaillant en zone nucléaire.
  2. Interdiction de travailler dans les zones orange et rouge, où le débit de dose est supérieur à 2 milliSievert/heure, pour les prestataires titulaires de CDD ou de contrat à durée de chantier (pour éviter l’accumulation sur plusieurs chantiers).
  3. Visite médicale semestrielle renforcée prise en charge par EDF pour les prestataires intervenant en zone nucléaire, comme pour les salariés d'EDF.
  4. Information des entreprises prestataires sur la dosimétrie de leurs salariés, pour les aider à mieux planifier les activités.
  5. Accompagnement des entreprises, via des actions d’information et de formation pour renforcer leur culture de radioprotection : séminaires pour identifier les bonnes pratiques et les déployer sur sites, création d'un dispositif spécifique pour les entreprises découvrant le nucléaire et les primo intervenants.
  6. Suivi rapproché des entreprises assurant les activités les plus exposées (calorifuge, nettoyage, robinetterie…) et de celles dont les résultats radioprotection sont insuffisants.
    1. 80 % des travaux de maintenance du parc français réalisés par des entreprises prestataires
    2. Baisse de 7 % de la dosimétrie collective des prestataires entre octobre 2011 et octobre 2012 (29,2 Homme.Sievert)
    3. Suivi rapproché en 2012 des 56 entreprises dont les salariés ont dépassé les 10 milliSievert (mSv) annuels

L'intégration d'une part croissante de mieux-disance dans l'attribution des marchés, l'allongement des contrats et l'intéressement des entreprises aux résultats qualité et sécurité contribuent à la qualité des prestations mais aussi à l'amélioration des conditions de travail des prestataires et à la radioprotection. De même le renforcement des compétences. EDF a commencé de déployer en 2012 un référentiel de compétence robinetterie développé avec les entreprises prestataires qui délivrent à leurs salariés un "passeport compétence robinetterie" spécifique aux interventions sur sites nucléaires. De tels référentiels sont à l'étude pour la logistique nucléaire et la maintenance des machines tournantes.

  1. La radioprotection est un des critères incontournables du cahier des charges social obligatoirement joint aux appels d'offres depuis le 1er janvier 2013.
  2. L'amélioration des conditions de travail est intégrée au processus PIRP (Politique Industrielle et Relation avec les Prestataires) axé, comme le projet MOPIA dont il a pris le relais le 1er janvier 2012, sur la mieux disance.
Les indicateurs de radioprotection en France

Dans son rapport 2012, l'Inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection note que : "La poursuite des bons résultats en radioprotection et en propreté radiologique obtenus durant la dernière décennie en France appelle aujourd’hui à une nouvelle dynamique, que j’encourage. Celle-ci est requise pour pouvoir faire face à un nombre croissant d’activités avec le prolongement de la durée de vie des installations et les chantiers du Grand carénage."

Télécharger le Rapport 2012 de l'inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection (4.94 Mo)

En France

L’amélioration de la dosimétrie individuelle se poursuit : le nombre de travailleurs (EDF et prestataires) dont la dosimétrie cumulée sur douze mois dépasse 10 milliSievert (mSv) continue à diminuer : 263 personnes en 2012, 424 en 2011. 5 travailleurs présentent une dosimétrie individuelle supérieure à 14 mSv et aucun supérieur à 16 mSv. L’abaissement du seuil de pré-alerte à 14 mSv et la priorité accordée à la démarche ALARA ont contribué à ce progrès.

  1. Baisse de moitié de la dose moyenne individuelle en dix ans

La dosimétrie collective se stabilise après une forte baisse de 2000 à 2010. En 2012, qui a compté six visites décennales, elle s'établit à 0,67 Homme Sievert (hSv) par réacteur (0,71 hSv en 2011), conformément à la prévision.

Les événements significatifs de radioprotection augmentent, passant de 92 en 2011 à 114. Aucun n’a eu de conséquence dosimétrique significative. Ils résultent pour la plupart de comportements inadaptés suite à des alarmes signalées sur les dosimètres individuels et d'écarts dans le respect des balisages de zones.

L’avis de l’ASN dans son rapport 2012 :

  1. Voir le rapport de l'Autorité de Sûreté Nucléaire 2012
  2.  

Les indicateurs de radioprotection : EDF Energy

Télécharger le Rapport 2012 de l'inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection (4.94 Mo)

Le parc d'EDF Energy est essentiellement constitué de réacteurs AGR (Advanced Gas Reactor) qui contribuent plus faiblement à la dosimétrie collective et individuelle que les réacteurs REP du parc français. Il ne comporte qu'un seul REP (Sizewell B).

Les efforts pour diminuer la dosimétrie individuelle portent leurs fruits : aucun intervenant ne présente une dosimétrie individuelle supérieure à 10 mSv et l’exposition individuelle maximale est de 8,18 mSv en 2012.

La dosimétrie collective demeure bien maîtrisée et meilleure à la prévision pour les deux filières AGR et REP. Elle s'établit à 0,06 hSv en moyenne par réacteur AGR et à 0,04 hSv pour le REP de Sizewell B.

Le nombre d'événements significatifs de radioprotection est en légère hausse (50 en 2012, 43 en 2011). Aucun n’a concerné un niveau de dose individuelle interne ou externe significatif ni atteint un niveau de déclaration à l’autorité.

Les indicateurs de radioprotection : CENG

A CENG, après plusieurs années durant lesquelles aucun salarié n’avait été exposé à plus de 16 mSv, 9 salariés ont reçu une exposition comprise entre 16 et 20 mSv, résultant notamment d’une intervention spécifique de plongeurs.

La dosimétrie collective par réacteur à eau pressurisée a diminué de moitié en dix ans et reste stable. En revanche, pour les réacteurs bouillants, elle repasse au dessus de 2 hSv par réacteur en 2012, année marquée par des opérations de décontamination chimique et par la poursuite de l’élimination de matériaux activables, en vue de réduire le terme source.