Impacts

Eau

Enjeux de la ressource en eau pour les énergéticiens en Europe

L'eau est indispensable à la production hydroélectrique et aussi au refroidissement des centrales thermiques à flamme et nucléaires.

En France, EDF gère 7 milliards de m3 d’eau (75% des réserves artificielles de stockage de surface du pays), et a prélevé en 2012, pour ses centrales nucléaires et thermiques, 40,7 milliards de m3 dont 98% sont restitués dans le milieu.

Une ressource à économiser

L'augmentation de la population et la raréfaction des ressources d’eau et d’énergie, imposent d'optimiser la performance de chaque goutte d'eau utilisée et de chaque kWh produit.

Deux solutions s'offrent aux énergéticiens.

  1. Réduire leurs consommations d’eau avec des systèmes de refroidissement adaptés
  2. Limiter leurs prélèvements en recyclant leurs eaux industrielles

Trois systèmes de refroidissement

  1. Open-loop water cooling : l’eau est prélevée directement en rivière, lac ou mer, puis restituée au milieu après refroidissement des installations.
    1. Avec le système one loop, le volume moyen d’eau consommée est presque nul et le volume d’eau prélevé et restitué est d’environ 160 m3/MWh.
  2. Closed- loop water cooling : l’eau circule en circuit fermé et une petite partie s’évapore dans une tour de refroidissement
    1. En closed loop, Le volume d’eau moyen consommé (par évaporation) est d’environ 2 m3/MWh et le volume prélevé et restitué d’environ 6 m3/MWh.
  3. Dry-cooling : refroidissement par aéroréfrigérant
    1. 43 % des centrales thermiques d'EDF sont open-loop, 56 % closed-loop et 1 % dry-cooling
    2. Les centrales nucléaires d'EDF sont one loop ou closed loop
Une ressource à partager

L’eau est un bien commun indispensable à de multiples utilisateurs : collectivités, énergéticiens, agriculteurs, industriels, bases de loisirs, pêcheurs, etc.

Partagée entre ses utilisateurs, la gestion de l’eau s'exerce :

  1. à différentes échelles de temps (pluriannuelles, saisonnières, mensuelles, hebdomadaires, pluri et infra-journalières)
  2. à plusieurs échelles de territoires
    1. régions, départements et communes.
    2. instances des six grands bassins hydrographiques de métropole (Rhin-Meuse, Artois-Picardie, Seine-Normandie, Loire-Bretagne, Adour-Garonne, Rhône-Méditerranée) et de ceux de Corse et des Dom
    3. France, avec la loi LEMA sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006 qui consacre la gestion multi-usages de l'eau et ouvre la possibilité d'affecter des ressources aux usages non énergétiques
    4. Europe, avec la directive cadre sur l'eau, transcrite en droit français en 2004, qui renforce le rôle de la Commission et vise l’atteinte du bon état des eaux naturelles et la protection des écosystèmes aquatiques en 2015 (avec des dérogations possibles en 2021 et 2027)
Evolution européenne vers un système de tarification

La communication Water Blueprint de la Commission européenne du 14/11/2012, annonce un plan à long terme pour la sauvegarde des eaux européennes. La Commission constate que l’objectif d’un bon état des eaux en 2015 ne sera pas atteint et souligne de nouveaux défis liés aux effets du changement climatique. Elle souhaite notamment :

  1. définir une méthode commune de calcul du débit écologique minimum
  2. fixer un prix de l’eau évitant les gaspillages
  3. fixer des objectifs d’utilisation pour tous les secteurs au niveau des bassins
  4. généraliser les comptes d’eau au niveau des bassins
  5. aider à la mise en place éventuelle d’un « trading » de l’eau au niveau des bassins.

La proposition Water Blueprint reconnaît la grande diversité des milieux aquatiques en Europe et, par conséquent, la nécessité de continuer à gérer l’eau au niveau des grands bassins hydrographiques selon le principe de subsidiarité.

Elle maintient l’approche intégrée par bassin, incluant l’ensemble des grands secteurs utilisateurs.

Elle établit une claire distinction entre la quantité d’eau effectivement consommée et la quantité d’eau consommée puis rejetée.

La position d’EDF sur ces propositions

EDF soutient l’effort de l’UE pour rendre plus efficace l’utilisation des ressources naturelles. Le Groupe, pour qui l’eau est un élément indispensable à sa production, souligne la nécessité que cette nouvelle politique

  1. prenne soin de préserver la compétitivité de la principale source d’énergie renouvelable en Europe
  2. soit assez flexible pour permettre l’adaptation aux effets encore mal connus du changement climatique sur la ressource en eau
  3. donne un statut particulier à l’eau prélevée puis restituée
  4. prenne soin au préalable d’améliorer et harmoniser les données liées à l’eau à l’échelle de l’Union européenne.

EDF pour sa part a entrepris d’évaluer l'empreinte eau de ses activités dans les territoires, en développant, avec la communauté scientifique et les secteurs concernés, un outil de mesure pertinent pour le monde de l’énergie.