Sûreté

Politique de sûreté nucléaire du groupe EDF

La sûreté intégrée à la conception

L'inventaire et la prévention des risques

En France, lors de sa conception, chaque unité nucléaire fait l'objet d'un rapport de sûreté qui intègre :

  1. les risques naturels (séismes, inondations, tempête)
  2. les risques liés à l’exploitation (perte d’alimentation électrique, perte de refroidissement, etc.).

Chaque risque est évalué et intégré dans les choix de conception (bâtiments, digue, etc.) ou des matériels spécifiques (portes sécurisées par exemple).

Ces risques et dispositifs de conception sont réévalués tous les dix ans lors des visites décennales effectuées par l’ASN et après tout évènement d’ampleur en France ou à l’international (retour d'expérience).

La prise en compte du risque d'inondation

  1. A la conception. Les centrales nucléaires en bord de mer ou au bord d’un fleuve ont été construites sur des plates-formes dont la hauteur a été calculée pour qu’elles ne soient jamais inondées.
  2. Des améliorations permanentes. La majoration de 15 % de la Cote Majorée de Sécurité (CMS) décidée par l’ASN en 1984 accroît la marge de sécurité. EDF a ainsi recalculé les CMS de sites déjà construits et réalisé des systèmes d’étanchéité supplémentaires. Tirant les leçons de la tempête de 1999 où les vagues de l’estuaire de la Gironde étaient passées au-dessus de la digue de protection de la centrale du Blayais, EDF a revu les dispositifs et réalisé des travaux sur plusieurs sites.

La prise en compte du risque sismique

  1. A la conception. Les centrales sont prévues pour résister à un séisme 2 fois plus intense que le séisme le plus fort enregistré dans les 1 000 dernières années sur le site. A cette base sont ajoutées des marges importantes.
  2. Les contrôles réguliers. EDF contrôle régulièrement ses installations et intègre les derniers progrès techniques et les retours d'expérience en France et à l’étranger, notamment lors des visites décennales, sous le contrôle de l'ASN.
  3. Des investissements importants. 500 millions d’euros ont été investis depuis 1977 dans des travaux d’adaptation au risque sismique.
Des dispositifs redondants

Prenant systématiquement en compte les défaillances techniques possibles, EDF s'en prémunit par des barrières redondantes.

Trois barrières étanches s’opposent à la dispersion des produits radioactifs dans l'environnement

  1. 1ère barrière: la gaine métallique étanche (crayon) entourant le combustible (pastilles d’uranium)
  2. 2e barrière : le circuit primaire fermé et étanche où circule l'eau qui évacue la chaleur dégagée par le cœur du réacteur et refroidit le combustible
  3. 3e barrière : l’enceinte de confinement qui entoure et isole le réacteur. Elle est constituée d'une paroi en béton revêtue d’une peau interne en acier (réacteurs 900 MW) et/ou de deux parois en béton avec un espace entre elles (autres réacteurs).

Tous les systèmes de sûreté sont doublés voire triplés

  1. Si l’un d’eux ne fonctionne pas, le système en réserve s’y substitue.

Les appareils de mesure sont triplés voire quadruplés

Certaines fonctions de sûreté sont assurées par des matériels différents.

  1. Par exemple, la circulation d’eau à l’intérieur d’un circuit est assurée par une pompe électrique, doublée d’une autre pompe entraînée par une turbine à vapeur, qui peut pallier une défaillance du moteur électrique.

Les systèmes et matériels redondants sont installés dans des locaux séparés physiquement afin d’éviter l’indisponibilité simultanée de systèmes ou matériels ayant la même fonction.

Cinq sources d'alimentation électrique

L’alimentation électrique joue un rôle primordial dans la sûreté. Les centrales disposent de 5 sources d'alimentation électrique différenciées : 2 reliées au réseau électrique et 3 de secours fournies par des groupes diesel ou des turbines à gaz.

L'EPR : une sûreté améliorée

L’EPR intègre toute l’expérience accumulée par les exploitants français et allemands depuis plus de trente ans.

La probabilité d’un accident grave avec fusion du cœur est réduite d’un facteur dix. Si toutefois un accident se produisait, un dispositif (récupérateur de corium) est installé sous la cuve du réacteur pour récupérer et refroidir le cœur fondu, réduisant les conséquences environnementales d’un accident à l’extérieur du bâtiment réacteur.

Quatre ensembles équivalents et géographiquement séparés de systèmes de sûreté remplissent une triple fonction :

  1. empêcher la perte du contrôle de la réactivité du cœur
  2. assurer la permanence d’une source de refroidissement du combustible, même en situation d’accident
  3. contenir la montée en pression et en température du bâtiment réacteur.

Le bâtiment réacteur est plus résistant et étanche que ses prédécesseurs (double mur en béton et peau métallique interne).

Une coque en béton recouvre les parties les plus sensibles, pour une meilleure protection vis-à-vis des risques externes : réacteur, bâtiment combustible, salle de commande, deux des quatre trains de sauvegarde et deux des quatre files de la station de pompage.

L’impact sur l’environnement est diminué

  1. En exploitation normale, les rejets radioactifs et chimiques (hors tritium et carbone 14) seront réduits d’au moins 30 % par MWh produit.
  2. La conception du cœur et un taux de combustion plus élevé réduiront d’environ 30 % la quantité de déchets radioactifs par rapport aux réacteurs 1 300 MW actuels.