Activité

Nucléaire

Prolonger la durée de fonctionnement du parc

Les constats

Selon l’AIEA, 99 des 435 réacteurs en exploitation dans le monde fin 2011 sont en service depuis 40 ans et plus, soit près de 23 % du parc. Plusieurs pays ont autorisé leurs réacteurs à fonctionner jusqu'à 60 ans, tels les États-Unis où 54 réacteurs ont reçu cette autorisation.

Avec un âge moyen de 27ans le parc d'EDF en France est l’un des plus jeunes au monde, mais, pour plus de la moitié, il atteindra 40 ans de durée de fonctionnement d'ici 2030 :

· 25 réacteurs entre 2019 et 2024

· 9 autres réacteurs entre 2024 et 2030.

Allonger sa durée de fonctionnement au-delà de 40 ans présente un double intérêt :

· industriel, en lissant dans le temps les mises en services de nouvelles centrales, ce qui améliore les retours d'expérience de construction

· financier, en reportant au-delà de 2025 les investissements de construction de centrales.

La situation en France

La loi TSN (Transparence et Sécurité Nucléaire) de 2006

Elle ne fixe pas de durée limite d’exploitation mais impose tous les dix ans de réexaminer le niveau de sûreté des installations au regard des meilleures pratiques internationales.

L'autorisation de fonctionnement de chaque réacteur est délivrée, de dix ans en dix ans par l'Autorité de sûreté nucléaire(ASN), au terme de visites décennales approfondies. Ces visites décennales (VD) s'accompagnent :

· d'un réexamen en profondeur du niveau de sûreté des installations au regard des meilleures pratiques internationales

· d'importants travaux d'amélioration des installations.

  1. En juillet 2011, l’ASN a autorisé la poursuite d'exploitation du réacteur 1 de Fessenheim, après sa 3e visite décennale en 2010, pour dix ans supplémentaires et assortit son avis favorable de plusieurs conditions : réalisation de travaux supplémentaires (renforcement du radier, dispositions techniques de secours), conformité aux exigences des évaluations complémentaires de sûreté menées après l’accident de Fukushima. Le réacteur de Tricastin 1 avait obtenu cette autorisation en 2010
  2. En janvier 2013, le gouvernement a confirmé sa décision de fermer la centrale de Fessenheim d'ici 2017 dans le cadre de "la loi de programmation pour la transition énergétique attendue courant 2013". EDF a pris acte de la décision gouvernementale et continuera d’exploiter la centrale en toute sûreté en y faisant les investissements conformément aux engagements pris auprès de l’ASN
  3. 6 visites décennales (VD) conduites en 2012 : à Golfech 1 (2e VD), à Blayais 1, Dampierre 2, Gravelines 3 et Gravelines 1 (3e VD), à Civaux 1 (1ère VD)

Un référentiel de sûreté pour un fonctionnement au-delà de 40 ans

Dans le cadre des études associées aux 3e visites décennales du palier 900 MW, l’ASN a indiqué en 2009 qu’elle n’avait pas identifié de problème générique mettant en cause la capacité d’EDF à maîtriser la sûreté de ses réacteurs de 900 MW jusqu’à 40 ans. En 2009, EDF a proposé à l’ASN un référentiel de sûreté pour un fonctionnement du parc français au-delà de 40 ans, afin :

· d'engager des investissements lourds sur une ou même deux décennies, pour rénover certains matériels et parties d’installations

· d'obtenir de l’ASN une visibilité sur l’après 40 ans, pour pouvoir prendre avec ses partenaires de la filière électronucléaire, des décisions d’investissement.

Les propositions d'amélioration de sûreté envisagées par EDF dans la perspective d'un fonctionnement de 60 ans ont été examinées en janvier 2012 par le Groupe Permanent composé d’experts mandatés par l’ASN. Elles seront revues et évaluées, entre autres éléments, à l’aune de l’accident de Fukushima et des conclusions de la revue d’évaluation des marges de sûreté conduites par l’ASN.

Le Grand carénage

Lancé fin 2011, ce programme industriel intègre une rénovation profonde des installations dans la perspective d'un fonctionnement au-delà de 40 ans ainsi que les modifications post-Fukushima. Il vise notamment à améliorer les performances de sûreté nécessaires à l’obtention, par l’ASN et par l’Etat, des autorisations de poursuite de l’exploitation. Il a été présenté aux entreprises prestataires et aux salariés en novembre 2012 pour les préparer à l’ampleur et aux enjeux de ces travaux.

  1. Doublement des travaux de maintenance de 2015 à 2025.

Des travaux de Recherche & Développement : le MAI

EDF mobilise les connaissances et les avancées technologiques les plus récentes pour étudier l’usure de composants considérés comme non remplaçables, notamment la cuve du réacteur et les enceintes de confinement, et renouveler certains gros équipements.

Les travaux de R&D sont conduits par le Materials Ageing Institute (MAI) qui associe EDF, EDF Energy, les électriciens japonais Kepco et Tepco et chinois China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC), le CEA, AREVA, Mitsubishi Heavy Industries ainsi que les instituts de recherche américain EPRI et japonais CRIEPI. EDF contribue à 60 % à son budget

  1. Une force de R&D représentant 47 % de la puissance nucléaire installée dans le monde (et 76 % des réacteurs REP à eau pressurisée)
  2. Un réseau MAI-Scientific Network associant 16 universités
  3. Des laboratoires spécialisés en mécanique, corrosion-chimie et microstructure pour améliorer la durabilité des composants et matériaux et prolonger la durée de fonctionnement des centrales
  4. Des équipements de dernière génération comme Titan, le plus puissant microscope au monde, ou le super calculateur IBM BlueGene®

En savoir plus : télécharger le Document de référence, section Production nucléaire. (991.55 Ko)

La situation au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, chaque réacteur d'EDF Energy est soumis tous les dix ans à une revue périodique de sûreté et au feu vert de l'autorité de sûreté britannique ONR (Office of Nuclear Regulation) pour sa poursuite d’exploitation.

Le programme Plant Lifetime Extension (PLEX) d'EDF Energy vise à allonger de 7 ans en moyenne la durée d'exploitation des réacteurs AGR et de 20 ans celle du REP Sizewell B. Si toutes ces extensions sont obtenues, elles délivreraient plus de 900TWh d’électricité et économiseraient de l’ordre de 390 Mt/CO2 qui seraient sinon émises par la production thermique à flamme.

Après les résultats positifs des évaluations de sûreté et des études techno-économiques, EDF Energy a été autorisé à prolonger la durée d'exploitation de 4 de ses 14 réacteurs AGR :

  1. Heysham 1 et Hartlepool : + 5 ans, jusqu'en 2019
  2. Hunterston B et Hinkley Point B : + 7 ans, jusqu'en 2023
Visites décennales du parc nucléaire français
Tranches Année de mise en service industriel Prochaine Visite Décennale Tranches Année de mise en service industriel Prochaine Visite Décennale
Fessenhelm 1 1978 VD4* Gravelines 6 1985 VD3
Fessenhelm 2 1978 VD4** Cruas 3 1985 VD4
Bugey 2 1979 VD4 Cruas 4 1985 VD3
Bugey 3 1979 VD3 Chinon B3 1985 VD3
Bugey 4 1979 VD4* Chinon B4 1985 VD3
Bugey 5 1979 VD4** Paluel 1 1985 VD4
Dampierre 1 1980 VD4* Paluel 2 1985 VD3
Graveslines 1 1980 VD4* Paluel 3 1986 VD3
Graveslines 2 1980 VD4** Paluel 4 1986 VD3
Tricastin 1 1980 VD4 St Alblan 1 1986 VD3
Tricastin 2 1980 VD4* Flamanville 1 1986 VD3
Dampierre 2 1981 VD3 St Alban 2 1987 VD3
Dampierre 3 1981 VD3 Flamanville 2 1987 VD3
Dampierre 4 1981 VD3 Cattenom 1 1987 VD3
Tricastin 3 1981 VD3 Cattenom 2 1988 VD3
Tricastin 4 1981 VD3 Nogent 1 1988 VD3
Graveslines 3 1981 VD3 Belleville 1 1988 VD3
Graveslines 4 1981 VD3 Belleville 2 1989 VD3
Blayais 1 1981 VD3 Nogent 2 1989 VD3
Blayais 2 1983 VD3 Penly 1 1990 VD3**
Blayais 3 1983 VD3 Cattenom 3 1991 VD3*
Blayais 4 1983 VD3 Golfech 1 1991 VD2
St Laurent 1 1983 VD3 Cattenom 4 1992 VD2
St Laurent 2 1983 VD3 Penly 2 1992 VD2
Chinon B1 1984 VD3 Golfech 2 1994 VD2
Cruas 1 1984 VD3 Chooz B1 2000 VD2
Chinon B2 1984 VD3 Chooz B2 2000 VD2
Cruas 2 1984 VD3 Civaux 1 2002 VD2**
Graveslines 5 1985 VD3 Civaux 2 2002 VD1

 

*Sous réserve d'obtention de l'autorisation d'exploitation de l'ASN. Elle est attendue en 2012 pour les VD réalisées en 2011.

**VD3 en cours au 31 décembre 2011